« Il y a du courage dans le parcours d’une femme »

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2 Photographie de Cécile Mazaud, dirigeante du BTP dans le cadre des interviews des femmes du BTP

Voilà cinq générations que la famille Mazaud marque de son empreinte le monde du BTP auralpin. Cécile Mazaud, présidente « engagée et passionnée » de la société villeurbannaise, s’est lancé le défi de décarboner tous ses chantiers d’ici 2024. Un challenge comme cette maman de deux enfants ne les craint pas, elle pour qui « la confiance est la clé ».

Comment êtes-vous venue au BTP?

Je suis arrivée dans l’entreprise en 2004, un peu par hasard, je l’avoue. Je souhaitais créer ma société et mon père m’a alors proposé de rejoindre l’aventure familiale. Depuis toute petite, j’aime les métiers du Bâtiment. Il y a une noblesse dans l’art de construire, un savoir ancestral que les compagnons se transmettent, une joie de vivre et des valeurs fortes empreintes d’humanisme.

Y a-t-il un regard spécifiquement féminin sur le BTP ?

La vision de chaque individu dépend de son éducation, de ses valeurs ou de son parcours de vie. J’aime le mélange des points de vue. La force d’une entreprise se trouve dans la pluralité et la complémentarité de ses équipes. Aujourd’hui, de plus en plus de femmes reprennent ou créent des entreprises dans le BTP. En tant que cheffes d’entreprises, nous amenons peut-être une vision plus globale, plus stratégique de nos métiers. Je trouve qu’il y a du courage dans le parcours d’une femme, et cette audace se traduit souvent par des engagements forts.

Que faut-il faire de plus qu'un homme, quand on est une femme dans le BTP ?

Quand on est une femme, et cela dans tous les secteurs d’activité, il faut s’imposer. Cela prend un peu plus de temps et il faut régulièrement démontrer nos compétences. Mais avec la confiance, un peu de conviction, et beaucoup de résilience (sourire), on s’impose naturellement. La force de caractère est importante et les femmes doivent prendre conscience de leurs forces et de leur potentiel. Bien souvent, nous sommes notre propre frein car nous manquons de confiance en nous. Une fois cette confiance retrouvée, rien ne peut nous arrêter.

Que faut-il faire, d'après vous, pour inclure encore plus de femmes dans le secteur ?

En premier lieu, montrer que nos métiers sont ouverts aux femmes et casser ces images archaïques de notre secteur d’activité. Il n’y a aucune volonté de ne pas recruter des femmes, bien au contraire. Les équipes mixtes sont très performantes car c’est dans la confrontation des idées et des échanges que nous trouvons les plus belles solutions. Dans l’entreprise, nous avons des femmes conductrices de travaux, métreur, électricienne
Seule la motivation compte et je trouve que les femmes sont extraordinaires pour la conduite de projet et d’équipes. Leur douceur et leur sens de la communication et de l’organisation évitent les conflits et permettent de réaliser les opérations dans de bonnes conditions pour tous. La bienveillance est une vraie force.

Que diriez-vous à une jeune fille qui hésiterait à intégrer la filière du BTP ?

Aux jeunes filles, je souhaite leur dire que tout est possible. Que leur seule limite, c’est leur peur de ne pas réussir. La confiance est la clé !

Photo : Jean-Luc Mège, tous droits réservés. SP21/FCR0126

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« Les femmes doivent prendre conscience de leurs forces et de leur potentiel. Bien souvent, nous sommes notre propre frein car nous manquons de confiance en nous. Une fois cette confiance retrouvée, rien ne peut nous arrêter. »
« Les équipes mixtes sont très performantes car c’est dans la confrontation des idées et des échanges que nous trouvons les plus belles solutions. »