Apprentissage dans le BTP : quelles aides pour le financer ?

L’apprentissage est un mode de formation ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans qui offre de nombreux avantages tant pour l’élève que pour l’entreprise. Le jeune en contrat d’apprentissage alterne des enseignements dans un Centre de Formation (CFA) et une immersion chez l’employeur. Il acquiert ainsi des compétences théoriques et techniques et une vraie expérience sur le terrain.

Le secteur du BTP souffre encore aujourd’hui de nombreux préjugés. Souvent perçu comme voie de secours, les jeunes ont tendance à le bouder et les familles à ne pas inciter leurs enfants à choisir cette direction. Pourtant, les débouchés sont nombreux et variés et les entreprises du BTP ont un besoin permanent de nouvelles recrues depuis la reprise du marché en 2017. C’est l’un des secteurs qui embauchent le plus d’apprentis aujourd’hui.

De plus, pour rendre le domaine toujours plus attractif, de nombreuses aides au financement sont possibles et de nouvelles réformes sont à prévoir. Etat des lieux d’un contrat de plus en plus attrayant.

 

L’apprentissage dans le secteur du BTP

D’après les derniers chiffres de l’Observatoire des métiers du BTP, le secteur emploie en France 1 145 887 personnes (78% dans le secteur du bâtiment et 22% dans le secteur des travaux publics) et 153 725 élèves et apprentis. Les métiers qui embauchent le plus sont les suivants : production, administratif, maçon, technicien et peintre. Les trois spécialités les plus suivies par les apprentis sont chauffagistes, menuisier et électricien et les trois régions à le plus former sont Auvergne-Rhône-Alpes, Ile-de-France et Haut-de-France.

Dans son dernier baromètre de l’emploi, le site d’emploi Qapa indique que le BTP emploie 7% des français et se classe juste après l’hôtellerie/la restauration, le commerce/vente et l’industrie.

L’apprentissage est un bon moyen pour les jeunes de s’insérer sur le marché du travail tout en se formant. D’après les chiffres fournis par le Ministère du Travail “70% des jeunes passés par cette voie obtiennent un emploi dans les 7 mois après la fin de leur contrat”.

Quel est le salaire d’un apprenti ? La rémunération minimale des jeunes en apprentissage correspond à un pourcentage fixé selon l’âge et l’année de formation. Dans le secteur du BTP, ces pourcentages sont plus élevés que dans les autres secteurs (par exemple, pour un jeune de moins de 18 ans en première année le salaire minimum applicable est de 25% du SMIC et de 40% dans le secteur du BTP). L’apprenti n’est pas soumis aux charges donc le salaire brut est le même que le salaire net.

Malgré de nombreux débouchés et des salaires attractifs, le BTP souffre aujourd’hui du manque de main d’œuvre et d’intérêt. Les CFA accueillent beaucoup moins d’élèves qu’il y a dix ans. Dans son BMO 2018 (Besoin en main d’œuvre), Pôle Emploi livre des chiffres assez inquiétants : si le nombre d’embauches prévues cette année s’élève à 141 888, 61.2% d’entre elles se feront difficilement !

 

Apprentissage : des facilités de financement pour l’entreprise

Une entreprise qui accueille un jeune en apprentissage a de nombreux avantages. Elle bénéficie des compétences d’une jeune recrue qui pourra éventuellement poursuivre sa carrière au sein de la structure et d’aides financières très intéressantes. L’entreprise est exonérée des charges sociales du contrat d’apprentissage (totalement pour une entreprise de moins de 11 salariés, partiellement pour des entreprises de plus grosse taille). La formation pédagogique du maître d’apprentissage qui encadrera l’élève tout le long du contrat est couverte. Des aides régionales existent. Certaines entreprises peuvent également obtenir un crédit d’impôt apprentissage pour les apprentis de première année. Ce crédit d’impôt est calculé sur l’année civile précédant la date de clôture de l’exercice comptable et est égal à 1 600 euros multipliés par le nombre moyen annuel d’apprentis.

 

Des aides financières pour les apprentis

L’apprenti dispose également de plusieurs aides : aides européennes, aides de l’État, aides des régions et bourses (ces dernières sont rares).

  • Pour les apprentis mineurs, l’allocation de rentrée scolaire (ARS) peut être versée sous condition de ressources. En 2017, elle s’élevait à 397.49 euros par enfant. Les parents peuvent également percevoir des allocations familiales sous certaines conditions jusqu’aux 20 ans de l’apprenti.
  • Il existe une prime d’activité de la CAF accessible sous conditions.
  • Pour les personnes en difficulté financière il est possible de bénéficier de l’aide en faveur d’un jeune en formation pro BTP et d’un fonds de solidarité au CFA.
  • Les anciens boursiers peuvent obtenir une aide complémentaire pendant les 4 premiers mois de l’apprentissage.

 

Rappelons aussi que plusieurs mesures ont été mises en place pour réduire les dépenses du quotidien des apprentis :

  • son salaire n’est pas soumis aux cotisations salariales. Même s’il n’est pas soumis à ces cotisations, il est assuré à l’assurance santé, le chômage, la retraite, etc.
  • son salaire n’est pas imposable (jusqu’à un certain seuil fixé tous les ans),
  • il peut bénéficier d’allocations d’aide au logement et d’un accès privilégié aux foyers jeunes travailleurs. Certains départements attribuent aux apprentis originaires de leur département une indemnité pour le transport ou l’hébergement. L’aide MOBIL-JEUNE apporte des subventions chaque mois pour aider à payer le loyer,
  • l’entreprise doit lui proposer obligatoirement une mutuelle collective obligatoire,
  • il bénéficie de la carte étudiante des métiers permettant d’obtenir des réductions étudiantes,
  • il a des tarifs préférentiels pour les transports,
  • il dispose d’aides pour passer son permis et acheter un véhicule.

 

Le projet de Loi Avenir Professionnel pour améliorer l’attractivité

Ces aides au financement ont contribué à rendre le secteur du BTP plus attractif mais les inquiétudes sont toujours là. Le Gouvernement a dû prendre de nouvelles mesures qui devraient être mises en place d’ici 2020 avec le projet de loi “pour la liberté de choisir son avenir professionnel”, adopté en première lecture par l’Assemblée Nationale le 19 juin 2018 puis par le Sénat le 16 juillet 2018.

Les CFA seront désormais financés non plus par une subvention globale mais par un contrat déterminé selon la branche de chaque apprenti et les besoins de l’entreprise et pourrait être revus à la hausse pour tenir compte notamment de l’accueil de salariés handicapés. La réforme permet de cadrer et simplifier les règles administratives et vise à améliorer les conditions de vie et l’aide au financement des études des apprentis.

Voici quelques points-clé :

  • aide de 500 euros par mois pour passer le permis,
  • meilleure rémunération,
  • allongement du temps de travail avec heures supplémentaires rémunérées (jusqu’à 40 heures par semaine dans le domaine du BTP),
  • harmonisation des aides aux entreprises et plus de souplesse pour les employeurs,
  • taxe d’apprentissage remplacée par la contribution alternance.

De quoi persuader les entreprises et les apprentis de se tourner vers ce mode de formation !

Lire le projet de loi dans son intégralité.

 

Le 25 juillet 2018 – SP18/FCR0452

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