Travaux Publics : les troubles musculosquelettiques, principale cause de maladie professionnelle

2 min de lecture
2 Ouvrier qui tient son casque dans ses mains et qui appui sur son épaule pour évoquer une douleur de TMS

Ils sont environ 250 000 à travailler à la réalisation des routes et autoroutes, des réseaux d’adduction d’eau ou encore de terrassement. Sur le terrain, les salariés des travaux publics sollicitent leur corps au quotidien, ce qui peut affecter leur santé. Ils sont nombreux à souffrir de troubles musculosquelettiques (TMS), à l’origine de 270 000 jours d’arrêt de travail dans le secteur.  

Quels sont les principaux TMS ?

Port de charges lourdes, gestes répétitifs, postures contraignantes… L’effort physique au quotidien a des répercussions sur la santé des salariés. Dans le secteur des travaux publics, les TMS représentent 87% des maladies professionnelles reconnues par l’Assurance Maladie, soit 1 000 reconnaissances par an en moyenne depuis 2014. Les maladies causées par des « affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail » représentent à elles seules les deux tiers du total des maladies professionnelles des travaux publics. Ce sont des inflammations de l’épaule, du poignet, de la main et des doigts (syndrome du canal carpien) et du coude – on parle alors d’épicondylite ou de « tennis elbow ». Dans une moindre mesure, ces maux touchent également le dos, avec des risques de sciatique et de hernie discale. Ce sont les ouvriers de la construction, d’ouvrages d’art, de réseaux pour fluides et de la location (avec opérateur de matériel de construction) qui sont le plus touchés par ces maladies. Les autres TMS relevés par l’Assurance Maladie sont, par ordre de prévalence, les affections chroniques du rachis lombaire à cause du port de charges lourdes et celles qui sont dues aux vibrations des machines(1).

Comment accompagner vos salariés face aux TMS ?

« Ces maladies au long cours, qui occasionnent des douleurs et des arrêts de travail pouvant dépasser 300 jours (2), ne sont pas inévitables », indiquent les professionnels de la prévention.

En tant qu’employeur, il convient d’abord de faire un bon diagnostic pour prévenir et limiter l’impact des TMS. L’identification des situations à risques vous permettra de mettre en place des solutions adaptées. Si vous ne disposez pas en interne des compétences pour établir ce diagnostic, vous pouvez vous faire aider par un ergonome spécialisé de l’Assurance Maladie ou l’OPPBTP. Ces organismes proposent d’ailleurs des programmes de prévention spécialisés, qui peuvent même être subventionnés dans certaines conditions.

Dans les travaux publics, les solutions de prévention des TMS passent notamment par :

  • Une bonne préparation du chantier pour éviter la manutention inutile : évaluation correcte du volume des matériaux à utiliser, accès facilitant les livraisons, nombre de travailleurs nécessaires…
  • La mécanisation de certaines tâches : utiliser un convoyeur d’enrobé efficace permettra d’éviter le transport par brouette et le pelletage. L’usage d’ergosquelettes ou d’exosquelettes comme l’Iron Hand®, conçu par le groupe Eiffage, pourra limiter certaines contraintes musculaires.
  • L’aménagement des rythmes de travail et des roulements d’équipes : pour limiter la répétition des gestes sur de trop longues périodes.
  • La mise en valeur des bonnes pratiques : temps d’éveil musculaire, étirements en fin de journée, port des charges lourdes à deux…
  • Favoriser des temps d’échange : dans le secteur de la construction, où l’on est parfois « dur au mal », bon nombre de salariés souffrent en silence, note Prévention BTP. Pourtant, le dialogue est essentiel, il permet aux salariés d’alerter les employeurs des difficultés rencontrées sur les chantiers et aux dirigeants de favoriser les bonnes pratiques. Sans l’adhésion des salariés, il sera en effet difficile de proposer des solutions pérennes et appliquées par tous.
Photographie d'un ouvrier de dos avec son casque et ses gants qui se frotte la nuque pour évoquer une douleur TMS

Comment limiter les douleurs ?

A titre individuel, il est possible de limiter l’apparition et les douleurs liées aux TMS :

  • En préférant toujours une posture moins contraignante et en évitant les contorsions.
  • En ayant une activité physique régulière adaptée à sa condition physique pour entretenir son tonus musculaire et la souplesse de ses articulations. 
  • En suivant un traitement médical en cas de douleurs, toujours dans le strict respect de la posologie.
  • Les séances de physiothérapie, de massages, de rééducation ou d’ostéopathie sont d’excellents compléments à un traitement médical, tout comme les soins tels que l’immobilisation de l’articulation grâce au port d’une orthèse. Toutes ces thérapies permettent d’atténuer les douleurs et d’éviter leur développement.

Ces séances peuvent être prises en charge par la mutuelle MBTP. N’hésitez pas à vous renseigner !

(1) Source : Travaux publics : relevé de sinistralité 2018 Accidents du travail et Maladies professionnelles – Complément au livret statistique du CTN B (Industries du bâtiment et des travaux publics)

(2) Assurance Maladie

SP21 / FCR0235

En un coup d’oeil !

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont la première maladie professionnelle (MP) dans les Travaux Publics : ils sont à l’origine de 270 000 jours d’arrêt maladie par an dans le secteur ! 

Les gestes répétitifs et les postures contraignantes sont les principales causes des TMS, qui touchent principalement les épaules, les coudes et les mains des travailleurs. 

Il existe des programmes spécialement pensés pour les entreprises du BTP pour limiter les risques de TMS.