Travaux Publics : le bruit, un risque à prendre en compte

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2 Photographie d'un ouvrier de chantier qui tient son casque anti-bruit dans ses mains

En 2018, une cinquantaine de salariés des travaux publics sont devenus sourds à cause de leurs conditions de travail, indique l’Assurance Maladie*. Pourtant, si le bruit fait partie du quotidien des chantiers, il est possible de l’atténuer.

Les conséquences d’un environnement de travail bruyant

Pelleteuse, marteau-piqueur, brise-roche ou bétonnière, mais aussi trafic routier ou ferroviaire sont quelques-uns des éléments qui rendent l’environnement des chantiers si bruyant. Un marteau-piqueur peut par exemple émettre 95 décibels (dB), une pelle hydraulique 102 dB, et une niveleuse 107 dB : beaucoup plus que les 40 dB entendus dans un bureau au calme, les 55 dB émis lors d’une conversation classique ou les 80 dB supportés dans une cabine d’avion.

A terme, un niveau sonore trop élevé pendant de longues périodes provoque fatigue auditive, acouphènes, sifflements et pertes d’audition, voire surdité. Sans compter les effets auxquels on ne pense pas toujours : anxiété, troubles du sommeil et risques cardio-vasculaires sont aussi des conséquences du bruit.

Les salariés des travaux publics semblent particulièrement exposés : en 2018, le bruit était la troisième cause de maladie professionnelle dans le secteur, derrière les troubles musculosquelettiques (TMS) et l’amiante.  

Employeur, quelles sont vos obligations ?

Reconnu comme cause de maladie professionnelle depuis 1963, le bruit n’est pas un simple « risque du métier », il doit faire partie des mesures de prévention au sein de l’entreprise. C’est la directive européenne 2003/10/CE, reprise dans l’article R.4431-1 du Code du travail, qui indique les seuils sonores à partir desquels il faut agir.

Ils s’expriment en durée moyenne d’exposition (sur des journées de 8h) et en niveau « de crête », qui représente l’exposition instantanée à des bruits très courts :

  • Entre 80 dB d’exposition moyenne et 135 dB de crête: des protecteurs individuels contre le bruit (PICB) doivent être mis à disposition des salariés.
  • A partir de 85 dB d’exposition moyenne et 137 dB de crête, un programme de réduction du bruit avec signalisation des endroits bruyants, limitation d’accès et contrôle du port des PICB doit être réalisé.
  • Une exposition quotidienne de 87 dB et un niveau de crête de 140 dB, valeur limite d’exposition, oblige à la mise en place de mesures de réduction du bruit immédiates.

Dès que les seuils de 80 dB d’exposition moyenne ou de 135 dB de niveau de crête sont dépassés, un examen audiométrique de prévention doit être proposé, dans le cadre de la médecine du travail.

Un ouvrier sur un chantier porte son casque, ses lunettes et son casque anti-bruit pour éviter les séquelles liés à des bruits trop intenses

Bien protéger ses salariés

Dans les cas des travaux publics, il faut être particulièrement attentif au choix des protecteurs individuels contre le bruit. Ces protections doivent amoindrir le volume sonore, sans pour autant couper les salariés de leur environnement : pouvoir entendre un collègue ou le trafic routier est une donnée importante pour la sécurité. 

La question du confort est également primordiale pour assurer l’efficacité des protections, qui doivent souvent être portées en continu.
Les casques anti-bruit, qui enveloppent l’oreille, sont efficaces mais peuvent tenir chaud, ce qui peut se révéler problématique en été.
Les bouchons d’oreilles, avec ou sans arceau pour les retenir, sont souvent plus pratiques, mais ont une efficacité moindre, notamment s’ils sont préformés : ils ne s’adaptent pas forcément parfaitement au conduit auditif du travailleur. Leur version façonnée par le salarié est généralement confortable mais n’est adaptée qu’à un usage unique et nécessite une manipulation pas toujours très compatible avec la vie sur un chantier.
Ce sont les bouchons sur mesure, réalisés à partir de l’empreinte du conduit auditif qui sont les plus efficaces et les plus confortables, mais ils sont aussi plus onéreux.

D’autres mesures simples peuvent également être mises en place : 

  • éloigner les engins les plus bruyants,
  • entretenir régulièrement le matériel
  • penser à arrêter les machines bruyantes (comme les bétonnières) quand on n’en a pas besoin.    

A titre personnel, il est prudent de surveiller régulièrement son audition auprès de son médecin traitant ou d’un spécialiste ORL. En cas de perte d’audition, le port de prothèses auditives peut être une solution pour recouvrer ses capacités. 

Les visites chez le médecin spécialiste et l’appareillage sont des prestations prises en charge par la mutuelle MBTP. N’hésitez pas à vous renseigner !

SP21 / FCR0236

En un coup d’oeil !

La surdité due à un volume sonore trop élevé est la troisième maladie professionnelle dans les Travaux Publics.

Les employeurs doivent protéger leurs salariés des volumes sonores trop importants en organisant les lieux de travail et en fournissant à leurs salariés des protections auditives adaptées.

A titre personnel, il est prudent de consulter régulièrement son médecin pour vérifier son acuité auditive.